Nous passons en revue les positions des principaux candidats.
François Bayrou. Son équipe fait savoir que la position du candidat centriste sur le sujet n’est pas arrêtée “en raison de la rapidité extrême avec laquelle le secteur évolue”. Le candidat de l’UDF s’était opposé aux premières moutures de la loi DADVSI, jugeant trop restreint le droit des utilisateurs à pouvoir copier, à des fins privées, des oeuvres dûment acquises. “Je pense que sur Internet la logique marchande, nécessaire si l’on veut que les droits d’auteur soient respectés et la logique d’une certaine gratuité, vont durablement coexister”, déclarait M. Bayrou à l’hebdomadaire Télérama, le 24 février.
Jean-Marie Le Pen. Selon Philippe Herlin, responsable des affaires culturelles de l’équipe de campagne du FN, M. Le Pen a clairement pris position contre la loi et adopté les revendications de l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir. “Nous sommes favorables à la mise en place d’une licence globale”, explique M. Herlin. Dans ce système, le téléchargement gratuit serait autorisé en échange du prélèvement d’un montant forfaitaire sur l’abonnement à Internet. Les sommes collectées seraient redistribuées aux artistes “en fonction des ventes de supports physiques”. Bref, plus un artiste vend de disques, plus sa quote-part est importante.
Ségolène Royal. La candidate PS s’était prononcée, en mai 2006, pour la mise en place d’un système de licence globale forfaitaire. Elle a été l’une des premières personnalités politiques à prendre fait et cause pour les internautes poursuivis pour avoir échangé des fichiers musicaux sur Internet. Elle a signé l’appel de 2005 du Nouvel Observateur intitulé “Nous sommes tous des pirates”.
Nicolas Sarkozy. Invité à s’exprimer dans le cadre de la conférence “Web 3″, tenue à Paris en décembre 2006, le candidat de l’UMP s’était placé du côté des créateurs contre les “pirates”. Il avait fustigé l’incapacité du gouvernement à “prévoir les conséquences de l’évolution du Net sur notre société, les industries culturelles et nos modes de consommation”. Le ministre-candidat avait également déclaré : “Je n’accepte pas que le travail soit spolié sous prétexte qu’aujourd’hui c’est techniquement possible…”
Pour réguler les usages du Réseau, poursuit M. Wauquiez, “les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) ont un rôle à jouer. Ils peuvent faire en sorte de filtrer le réseau et de refuser l’accès aux sites qui sont attentatoires aux droits d’auteur”. La perspective de se voir confier ce rôle de “filtre” est très impopulaire chez les FAI. “C’est ce qui se fait en Chine” pour des raisons politiques, précise Dahlia Kownator, déléguée générale de l’Association des fournisseurs d’accès et de services Internet (AFA).
Stéphane Foucart et Eric Nunès
Le Monde, Article paru dans l’édition du 16.03.07
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